Les promesses de l'aube : Contre la guerre des obédiences, pour la franc-maçonnerie de la fraternité
Barat Michel
Dervy éditions, 13/09/2013 · 90 p.
ISBN 9781024200072 · ★★★★★
FM
Extrait de l'introduction On entre en loge pour se mettre en recherche. En recherche de soi-même, d'un autre regard des autres et sur les autres. En recherche de fraternité. On cherche à quitter l'ombre de l'acteur que chacun d'entre nous joue dans la société profane, pour faire naître le citoyen véritable d'une vie construite. La franc-maçonnerie, née dans l'ombre des guerres politiques et religieuses, a créé le premier réseau social de l'humanité. Sans pseudo ni aigreur, mais avec le simple espoir d'une «humanité meilleure et plus éclairée», comme le proclame l'un de nos rituels. Mais, hélas, au-delà du cocon de la loge, il y a souvent un autre univers maçonnique : une réplique profane et profanée du monde extérieur. Passions, pulsions et «cordonite» animent ce monde où la largeur des sautoirs et la présence de franges semblent assurer enfin une place potentielle dans les jeux d'un pouvoir virtuel, où l'on tente d'implanter dans la maçonnerie les pratiques non pas de la politique, mais des ratés du système. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en France, les deux grandes obédiences que sont le Grand Orient et la Grande Loge conservaient comme un bien inestimable leur référence à la maçonnerie universelle, s'exprimant à travers la diversité obédientielle. L'épreuve de leur interdiction commune par le régime de la collaboration avait suffisamment démontré la nécessaire traduction dans les faits de leur idéal de fraternité. Sur le plan spirituel, le coeur de la franc-maçonnerie subsistait sous des formes adaptées à chacune, et les deux obédiences étaient convaincues qu'aucune structure maçonnique ne portait à elle seule l'idéal maçonnique, mais que chacune l'exprimait. La différence était jugée nécessaire, comme le lieu même de la construction de l'unité. L'existence déjà ancienne du Droit humain, issu en 1893 de la Grande Loge symbolique écossaise, et la naissance, en 1945, de ce qui allait devenir la Grande Loge féminine, en attestaient. Tel était et aurait dû demeurer le sens même des réflexions guidées par des rituels fondés sur la construction. Mais après le développement de la Grande Loge nationale française, créée sous un autre nom en 1913, une scission intellectuelle s'est créée et s'est surtout aggravée depuis la fin de la dernière guerre. Cette obédience a eu recours à une notion de «régularité» tardivement imposée, pour ne recevoir que des frères jurant de croire en un Dieu révélé - ce qui est, du reste, leur droit absolu - et s'engageant à ne fréquenter que ceux (et jamais «celles») qui leur ressemblent. Ce sont là en effet, qu'on ne l'oublie pas, les deux piliers intangibles de la régularité anglo-saxonne. Ainsi la franc-maçonnerie française s'est-elle trouvée parcourue par des forces contradictoires. D'un côté, celles et ceux qui, au nom d'un principe de tolérance et au nom de ce qu'est la fraternité, souhaitaient garder l'idée fondamentale des Constitutions d'Anderson : être le centre de l'union ; de l'autre, ceux qui cherchaient à se rapprocher du monde anglo-saxon et préféraient réduire le champ de la fraternité quotidienne et vécue à celui des croyants mâles...
format : Broché prix : 10.0 date_achat : 10/01/2014 date_lecture : 10/01/2014 particularite : 0