Elégies de Chu
Chu ci
Qu Yuan, Song Yu et alii
Gallimard, 01/01/2004 · 304 p.
ISBN 9782070770922 · â â â â â
Culture chinoise
Il est le premier poĂšte chinois connu. Immortel auteur et quasi fondateur de la poĂ©sie classique, Qu Yuan (vers 343 - vers 279 av. J.-C.) devint un mythe dĂšs aprĂšs sa mort tragique lorsque, chargĂ© de sable, il se laissa engloutir dans l'intimitĂ© de l'eau par une nuit lunaire. Plus que le gravier, c'est le poids du dĂ©sespoir qui l'empĂȘcha de remonter Ă l'air de ce pays de Chu qu'il aima tant. Il en dĂ©crivit les forĂȘts profondes, les fleurs odorantes, les bĂȘtes Ă©tranges, les femmes sĂ©duisantes. AccablĂ© par le dĂ©samour du prince, cherchant vainement une compagne pour adoucir son exil, affligĂ© de ne rencontrer aucun sage qui le comprĂźt, dĂ©goĂ»tĂ© de ce monde turbide, il jugea bon de s'en Ă©loigner Ă jamais. Dans ses vers somptueux, parfois prĂ©cieux, il dĂ©crivit les cieux multiples oĂč il erra, sur son char attelĂ© de dragons, accompagnĂ© de phĂ©nix et d'ĂȘtres fabuleux, parmi les esprits et les astres. Il dit la suavitĂ© des parfums du Sud, l'angoisse qui le saisit dans les tĂ©nĂšbres vĂ©gĂ©tales, la douceur des eaux vives de son pays. Il chanta encore le charme des femmes qui dansĂšrent Ă la cour, la gaietĂ© des chants qui rĂ©sonnĂšrent au palais, les saveurs des mets Ă©picĂ©s du Midi, la somptuositĂ© des nobles demeures... Les ElĂ©gies de Chu comprennent aussi des poĂ©sies de ses disciples qui, aux siĂšcles suivants, reprirent Ă sa suite les thĂšmes qui lui furent chers. Beaucoup parlĂšrent de bannissements, d'errances lointaines, d'ĂȘtres fantastiques escortant leur voyage erratique, quĂȘte d'amours et de sagesses.
date_achat : 17/08/2019 date_lecture : 17/08/2019 particularite : 0